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LE TDAH TROUBLE DEFICITAIRE DE L’ATTENTION AVEC OU SANS HYPERACTIVITE Résumé de livre effectué par Sandra Garcia (Suisse) en avril 2001 dans le cadre de la 1ère année de formation à la relation
d’aide avec Jacques Poujol. Les parents,
enseignants et élèves notamment considèrent en général que l’échec est
véritablement consommé lorsqu’un redoublement est décidé ; celui-ci leur
apparaît comme le
signe tangible de l’échec scolaire. Les redoublements sont
(devenus) un phénomène relativement rare, voire marginal. Nous considérons
cependant que cette marge fait partie de l’évolution du rapport complexe entre
trois termes : les acquis et les progrès des élèves d’un côté, les
attentes et les exigences des enseignants de l’autre, les mécanismes qui président
à l’appréciation et à la sanction dans l’enseignement primaire. Nous ne connaissons pas
la cause exacte du redoublement des élèves, nous savons qu’elles sont multiples
mais nous ne savons pas si ce sont des causes sociales ou difficultés
d’apprentissage comme la dyslexie par exemple. Nous savons que
plusieurs enfants atteints du troubles déficitaire de l’attention et/ou
hyperactivité TDAH, doivent repasser leur année. Nous allons voir de plus près
en quoi consiste exactement ce trouble. Ce sont des enfants qui
arrivent à l’école à cinq ans, bourrés de talent et de bonnes intentions, mais
ils sont incapables de réussir sans aide. Ils sont différents… et cette
différence, notre société ne semble pas prête à l’accepter et à l’assumer.
Alors commence le rejet quotidien qui va en s’accentuant, rejet par leurs
camarades souvent, par leurs professeurs parfois et plus rarement, par leurs
parents, dépassés et victimes eux aussi de l’incompréhension. Et plus les
enfants avancent en âge, plus ils pourront se sentir rejetés, sans comprendre
pourquoi. Pourtant,
les hyperactifs et les déficits d’attentions sont nombreux selon les données
les plus récentes sa prévalence serait, de 8 à 10% des enfants scolarisés
(selon l'AAP, American Academy of Pediatrics mai 2000). L’hyperactivité existe partout dans le monde.
Bien qu’elle soit diagnostiquée plus souvent aux Etats-Unis (où de nombreuses
recherches ont été menées sur le sujet), elle est aussi courante dans les
autres pays du monde si l’on se base sur la présence des symptômes. Ils se
trouvent en très grand nombre dans toutes les classes de la société et
toucherait plus de garçons que de filles, mais les filles TDAH sont aussi
souvent plus difficiles à diagnostiquer étant donné qu’elles ont souvent le
syndrome « déficit d’attention sans hyperactivité » et que ce
syndrome est moins dérangeant. Certains n’ont pas trop de difficultés et
pourront même connaître le succès, le plus souvent dans des disciplines
artistiques ; par contre, d’autres souffrent de façon insupportable et à
l’adolescence leurs problèmes s’aggravent encore. DEFINITION : Ce syndrome
se divise en 3 catégories : -
le déficit d'attention/hyperactivité avec prédominance de déficit
attentionnel (TDAH-DA) -
le déficit d'attention/hyperactivité avec prédominance d’impulsivité et
d’hyperactivité (TDAH-IH) -
le déficit d'attention/hyperactivité de type combiné (TDAH-TC) Chacune de ces trois
catégories doit être associée avec des difficultés spécifiques
importantes : à l’école, au travail, dans la famille ou
dans les relation sociales de l’individu. Le DSM IV (Diagnostic
and Statistical Manual of Mental Disorder, manuel de diagnostic créé par
l’Association américaine de psychiatrie), énumère des critères bien précis pour
poser le diagnostic d’un des trois sous-type du trouble de
l’attention/hyperactivité (TDAH ou ADHD en anglais). L’identification du
déficit de l’attention est basée sur l’observation de neuf manifestations de
déficit attentionnel (voir diagnostic). Il est important de
souligner que l’étiquette diagnostique pour les individus qui ne présentent pas
suffisamment d’hyperactivité ou d’impulsivité est TDAH avec prédominance de
déficit attentionnel, plutôt que TDAH sans hyperactivité, de sorte que
certaines manifestations d’hyperactivité ou d’impulsivité peuvent toujours être
présentes, mais pas dans une proportion suffisante pour qu’il soit possible de
parler d’un trouble de type combiné. Cette nuance est aussi valide pour les
individus présentant le TDAH avec prédominance d’impulsivité et
d’hyperactivité. Longtemps on a cru que
l’hyperactivité était le noyau du syndrome mais suite à de multiples
recherches, les troubles de l’attention et de la concentration forment le noyau
du syndrome TDAH. Il est aussi appelé
trouble hyperkinétique (terme utilisé par l’OMS dans le CIM10), ce terme est un
peu moins technique (moins fréquemment utilisé par les spécialistes), mais il
est parlant pour l’entourage de l’enfant, car il évoque bien le symptôme le
plus frappant et le plus ennuyeux qui touche ces enfant : une « super
hyper-activité ». Si ces troubles sont
reconnus à part entière par les professionnels de la santé de l’enfant aux
Etats-Unis comme dans nombre de pays de l’Union Européenne, il n’en est pas
encore de même en France où « l’hyperactivité-Syndrom » est loin de
faire l’unanimité quand à sa définition clinique, ses causes et son traitement. L’hyperactivité se
définit par une diminution ou une absence de contrôle chez l’individu qui en
souffre. Il faut insister sur le mot CONTROLE car il est à la base même du
problème. L’hyperactif est incapable de contrôler son attention, son
impulsivité et son besoin de bouger. Il ne s’agit pas d’un manque de volonté,
mais d’un manque de contrôle. Le déficit d’attention
se définit par le fait que ces enfants ont du mal à se concentrer sur leur
travail. Ils éprouvent également beaucoup de difficulté à se concentrer sur les
choses abstraites. C’est un enfant qui portera difficilement de lui-même son
attention sur un objet qui n’attire pas son attention. Il y a deux facteurs qui
expliquent que la connaissance des déficits d’attention soit moins poussée que
celle des hyperactifs. D’abord, comme les deux cas ont toujours été étudiés
ensemble et que les hyperactifs sont beaucoup plus nombreux, les déficits
d’attention ont en général été oubliés, perdus dans la masse des hyperactifs.
De plus, les déficits d’attention étant des enfants peu dérangeant, ils passent
plus souvent inaperçu à l’école et fréquentent beaucoup moins les cliniques
spécialisées. CRITERE
ET DIAGNOSTIC Le syndrome TDAH a une
cause organique indiscutable, il serait intéressant de pouvoir soumettre
l’enfant à un examen biochimique ou radiologique qui confirmerait le diagnostic
avec une grande précision et un risque d’erreur faible. Des tentatives en ce
sens ont été faites par plusieurs chercheurs. L’électroencéphalogramme (EEG) de
ces enfants, les différentes formes de tomographies axiales (scan cérébral), et
plus particulièrement la résonance magnétique, ont été étudiés attentivement.
Mais pour le moment le recours à ces examens reste inutiles et les médecins
sont obligés de s’en tenir à des critères cliniques. La plupart des
cliniciens se basent sur les critères définis par l’Association américaine de
psychiatrie pour poser un diagnostic. Ces critères ont été publiés en 1994,
dans la quatrième édition du livre Diagnostic and Statistical Manual of Mental
Disorder, qu’on désigne généralement par le sigle DSM IV. Pour qu’un des 18
symptômes énumérés soit retenu, il doit se manifester beaucoup plus souvent que
chez la majorité des enfants du même âge mental. Un questionnaire élaboré à
partir de ces dix-huit symptômes peut être rempli par les parents de l’enfant
et par ses professeurs d’école ou autres personnes qui travaillent avec
l’enfant (professeur de musique…). La plupart du temps, c’est à l’école,
pendant ses exercices scolaires, que l’enfant montrera le plus de
symptômes ; une évaluation en milieu scolaire et donc primordiale. A
Genève, le département de l’instruction publique à interdit aux professeurs de
remplir ce questionnaire, il n’est donc pas facile de poser le diagnostic. Le Dr Russel A. Barkley
suggère des modifications ou améliorations aux critères de l’Association
américaine de psychiatre qui sont très intéressantes. Il propose d’évaluer le
nombre de critères nécessaires au diagnostic en fonction de l’âge du sujet. On
sait en effet que les symptômes s’atténuent avec les années et que l’on risque
de faire une erreur de diagnostic, spécialement en ce qui a trait aux
adolescents.
Outre les difficultés
dues à ces symptômes, on trouve la plupart du temps des problèmes annexes, tels
que des troubles de la motricité, des problèmes émotionnels, des troubles de
l’apprentissage, du sommeil ainsi que des problèmes relationnels. Pour pouvoir mieux
comprendre chaque partie de ce syndrome, nous allons le diviser en deux
groupes, mais certains symptômes peuvent, comme nous l’avons vu précédemment,
se trouver dans les deux groupes et cela à des échelles de degrés différents.
Il peut par exemple avoir un enfant « déficit d’attention »
prédominant mais qui a une légère impulsivité. 1. Déficit de
l’attention/hyperactivité avec prédominance d’impulsivité et d’hyperactivité
(TDAH-IH) 2.
Déficit de l’attention/hyperactivité avec prédominance de déficit
attentionnel (TDAH-DA) CARACTERISTIQUES
DU TDAH-IH (PREDOMINANCE
DE L’IMPULSIVITE ET HYPERACTIVITE) L’ATTENTION C’est la première
caractéristique de l’hyperactivité, et probablement la plus importante. La
difficulté qu’éprouve un enfant à contrôler son attention au moment où il a une
tâche à accomplir, et donc de rester attentif lorsque la situation le demande.
Il semble surtout qu’il soit incapable de se concentrer suffisamment longtemps
pour accomplir une tâche un peu longue et particulièrement monotone. Chez l’enfant de quatre
à sept ans, on remarquera le problème dès qu’il effectuera des tâches, telles
que faire un casse-tête ou même regarder une émission de télévision. Chez l’enfant plus âgé,
c’est surtout à l’école que la difficulté à contrôler son attention sera
apparente. Les activités ou les tâches qui l’obligent à rester assis seront
celles qu’il aura le plus de difficulté à accomplir. Pour un hyperactif la
difficulté est de maintenir l’attention alors qu’un déficit d’attention le
problème se situera sur le plan de la focalisation, de la mobilisation de
l’attention. Longtemps les experts
ont cru que ces enfants hyperactifs étaient non pas inattentifs, mais plutôt
facilement distraits par tous les stimulis qui les entouraient. Leur problème
relevait, selon ces experts, d’une difficulté de concentration. Il était alors
recommandé, tant au enseignants qu’aux parents, d’éliminer au maximum les
stimuli qui avaient pour effet de détourner ces enfants de leur tâche. Les
résultats ont été très décevants, car souvent le fait de rendre l’environnement
plus monotone ne faisait qu’aggraver la situation. L’IMPULSIVITE La difficulté à
contrôler leur impulsivité constitue le deuxième problème majeur des enfants
hyperactifs, problème qui peut se traduire de différentes façons. La première
est marquée par une incapacité de penser avant d’agir, ce qui les amène à
adresser des paroles blessantes aux autres ; paroles qu’ils oublient vite,
mais qui sont mal accueillies, surtout par les adultes en position d’autorité,
comme leurs professeurs et leurs directeurs d’école. Ces enfants éprouvent
aussi très souvent une grande difficulté à attendre leur tour lors d’une
activité de groupe, difficulté qui se traduira par de l’agitation ou par un
refus de participer, ou encore par des tentatives grossières de prendre la
place de ceux dont c’est le tour. On les verra aussi
fréquemment s’immiscer dans les conversations des adultes et donner leur point
de vue sans qu’on le leur demande. Non pas dans le but d’attirer l’attention ou
parce qu’ils attachent une grande importance à ce qu'ils ont à dire, mais
simplement parce qu’ils ne peuvent s’en empêcher. Il est souvent difficile de
faire la distinction entre un enfant qui agit par impulsivité et celui que veut
attirer l’attention. En outre, cette
impulsivité portera les enfants à prendre des risques qui les feront souvent
champions toutes catégories des accidents. Et ils n’ont pas ces accidents parce
qu’ils veulent attirer l’attention ou par goût du risque, mais simplement parce
qu’ils éprouvent énormément de difficulté à réfléchir avant d’agir. La plupart
d’entre eux ne parviennent pas à penser de manière séquentielle (c’est à dire
par petites étapes) ni à distinguer l’essentiel de l’accessoires. D’après
certains chercheurs, l’impulsivité est la conséquence d’un tout petit défaut
dans la partie du cerveau dont le rôle est de freiner, d’amortir (inhiber, dans
le langage professionnel) les activités. L’AGITATION Pendant deux semaines,
des personnes ont observé jour et nuit des enfants hyperactifs, pour tenter de
comprendre pourquoi ils sont si agités. Il a été remarqué que même si cette
agitation varie énormément d’un hyperactif à l’autre, ils sont plus actifs que
les autres enfants dans toutes leurs activités, et même, dans la plupart des
cas durant leur sommeil. Leur agitation est
presque toujours gratuite. Ils bougent, changent de position, jouent avec leur
crayon, etc. Il s’agit de mouvements
sans rapport avec le travail en cours. Mais cette dépense d’énergie n’est pas
dirigée vers l’accomplissement d’une tâche. Imaginez un jeune enfant de deux ou
trois ans qui ouvre l’armoire de la cuisine, en sort tout ce qu’elle contient
et qui se met à défaire tout ce qui est devant lui en l’espace de quelques
minutes seulement. On pourrait penser qu’il est un hyperactif, mais son
énergie, il la dépense pour réussir dans sa tâche, qui consiste à découvrir le
monde et à savoir comment les choses sont faites. C ‘est l’agitation
motrice normale d’un jeune enfant. Elle n’a rien à voir avec celle des enfants
hyperactifs, qui est souvent gratuite et due uniquement à un manque de
contrôle. L’OBEISSANCE Plusieurs parents et
enseignants décrivent l’enfant hyperactif comme quelqu’un qui n’en fait qu’à sa
tête. C’est en effet la quatrième caractéristique de ces enfants : leur
difficulté à obéir. Leur difficulté à
suivre les règles se manifeste d’ailleurs tout autant lorsqu’ils sont avec
leurs camarades. Les jeux des enfants sont soumis à de nombreuses règles, qu’il
s’agisse des règles bien définies ou de règlements plus ou moins bien
déterminés par les jeunes. Les hyperactifs sont incapables de se plier aux
règles, ils seront souvent victimes d’un rejet de la part des autres enfants
car ils tolèrent mal qu’un des leurs ne respecte pas leurs lois. Les parents de ces
enfants doivent encourager le comportement souhaité au moins trente fois plus
souvent qu’avec un autre enfant avant qu’il soit assimilé correctement. Ils
doivent aussi corriger trente fois plus souvent et immédiatement, avant qu’un
comportement non souhaité ne disparaisse. LA MALADRESSE Chez ces enfants, les
muscles pris isolément fonctionnent très bien, mais il manque quelque chose au
niveau de leur coordination. Voilà pourquoi ces enfant bougent souvent très
maladroitement. CARACTERISTIQUES
DU TDAH-DA (PREDOMINANCE
DU DEFICIT D’ATTENTION) DEFICIT DE
L’ATTENTION Le problème de ces
enfants concerne la focalisation de leur attention ; ils ont du mal à se
concentrer sur leur travail, d’autant plus quand ce travail est monotone ou
inintéressant. Ils éprouvent également beaucoup de difficulté à se concentrer
sur les choses abstraites. Autrement dit, un enfant portera difficilement de
lui-même son attention sur un objet qui n’attire pas son attention. PROBLEME DE
MEMOIRE Des problèmes de
mémoire sont fréquemment observés chez ces enfants. Ils mémorisent
difficilement les sujets à étudier, comme si ceux-ci ne s’imprimaient pas dans
leur mémoire. Ils comprennent bien, mais l’action de mémoriser leur demande dix
fois plus de répétitions et d’attention qu’aux autres enfants. Lorsqu’il s’agit
de retenir une chose à la fois, cela peut encore aller. Mais une mission telle
que « Va chez le boulanger chercher du pain et des pâtisseries, et
ramène-moi en revenant un paquet de cigarette, et, ah oui, jette la poubelle en
passant… » n’est vraiment pas réalisable pour un enfant et même un adulte
TDAH-DA. Même s’il est très intelligent. Ces troubles de la
mémoire appelé parfois trouble de la fixation rendent la tâche particulièrement
difficile aux enseignants qui veulent apprendre quelque chose de nouveau à ces
enfants. Le professeur pense, « Bon, il a compris maintenant, demain on
continue ». Mais le lendemain, l’enfant a oublié la moitié. De temps à autre, il
arrive que l’enfant retienne et remarque mieux quelque chose que d’autres
enfants. Souvent cela concerne des détails sans importance. Beaucoup de parents
pensent alors : « si mon enfant se souvient de pareils détails, il a
certainement une bonne mémoire. C’est donc de la mauvaise volonté de sa
part ». C’est une conclusion erronée. L’enfant retient parfois de petits
détails, justement parce qu’il distingue difficilement l’important de
l’accessoire. Ces problèmes de mémoire sont provoqués en outre par des
difficultés de transfert de la mémoire immédiate à la mémoire à long terme.
Normalement ce transfert se fait pendant la nuit. L’enfant étudie le soir et,
pendant son sommeil, son cerveau révise les nouvelles notions et les transfère
de sa mémoire immédiate à sa mémoire à long terme. Chez l’enfant TDAH-DA, ce
transfert se fait peu ou mal, comme si l’information disparaissait pendant le
transfert. TROUBLE DU
TRAITEMENT DE L’INFORMATION, DE L’APPRENTISSAGE Par trouble du
traitement de l’information, nous entendons le fait que certains enfants ont
des difficultés pour assimiler ce qu’ils voient, entendent et sentent. Leurs
sens sont en général bien développés (les yeux, les oreilles, l’équilibre…)
mais il manque quelque chose pour que l’information qu’ils envoient soit bien
traitée. Notons aussi que ces troubles peuvent se présenter isolément, et chez
d’autres enfants. La panne se trouve au
niveau de la manière dont l’information est traitée, l’œil voit correctement, mais
le cerveau a des difficultés à traiter correctement ce qui est vu. Exemple : ·
Le cerveau ne parvient pas à bien distinguer la gauche et la droite ou
le haut et le bas. C’est ainsi que pour l’enfant il y a peu de différences
entre un d et un b. C’est ce que l’on appelle des
troubles de la discrimination visuelle. ·
Le cerveau apprécie difficilement la profondeur de champ, ce qui
conduit l’enfant à mal évaluer ses distances, à se cogner partout… Ces enfants ont de la
peine à traiter simultanément les informations, entre ce qu’ils voient et
entendent… Une autre façon
importante de traiter l’information est la capacité à mettre de l’ordre dans
ses idées : « d’abord ceci, après cela … ». Nous apprenons
beaucoup d’activités compliquées en les fractionnant. Un grand nombre d’enfants
TDAH éprouvent des difficultés à penser par petites étapes, et anticiper le
geste qu’ils poseront après celui qu’ils sont en train de poser. LA LENTEUR Ce sont souvent des
enfants très lents : lents autant dans leur démarche que dans leur façon
de travailler. Non seulement prennent-ils plus de temps, mais leurs gestes sont
eux aussi plus lents. En raison de cette lenteur, leur écriture est souvent
malhabile. Si on les laisse prendre leur temps par contre, ils écrivent assez
bien. Mais, comme ils sont toujours en retard, on les incite hélas à accélérer,
ce qu’ils font au détriment de la qualité de leur calligraphie. Bien que
d’intelligence normale, ils mettront donc plus de temps que les autres à
comprendre et à assimiler les renseignements. Cette lenteur
s’explique aisément par le fait que leurs zones cérébrales, celles qui servent
à la coordination, travaillent au ralenti. Ils sont intelligents, certes, mais
les renseignements s’acheminent moins rapidement au cerveau. ANXIETE Les TDAH-DA sont
relativement calmes, sans problèmes de comportement. Par contre, ils sont
souvent anxieux. DIFFICULTE
A S’ORGANISER Ces enfants ont
tendance à oublier ou à perdre des objets (crayons, règles, cahiers, etc.). Ils
ont parfois de la peine à remettre leurs travaux à temps parce qu’ils les ont
oubliés ou parce qu’ils n’ont pas noté la date à laquelle ils devaient les
rendre. Ils oublient ce qu’ils ont à faire. A mesure que les années passent et
qu’ils devraient devenir autonome, cette difficulté à s’organiser devient plus
évidente. L’IMAGINATION Caractéristique
positive, les TDAH-DA, sont en général dotés d’une imagination fertile. Ils
surprennent agréablement leurs parents par leurs idées ou par des projets
d’inventions fort intéressants. Ils feront valoir leur sens artistique en
compensant souvent leur manque d’habileté en dessin par leur créativité. LABILITE
EMOTIONNELLE Les réactions
émotionnelles de ces enfants sont souvent très variables et exagérées. Il peut
être follement enthousiaste un moment, et dix minutes plus tard tout à fait
indifférent. Puis, de nouveau expansif et joyeux et une heure plus tard
complètement abattu. Ils contrôlent difficilement leurs émotions. Un rien peut
les rendre extrêmement irrités, agressifs ou contrariés. Cette labilité
émotionnelle chez ces enfants peut soit être en relation directe avec leur très
petit dysfonctionnement cérébral soit être la conséquence des nombreuses
difficultés auxquelles ils sont continuellement confrontés. Suite à tous les
troubles, difficultés, problèmes et accidents que nous avons détaillés,
l’enfant TDAH trouve parfois qu’il est trop difficile de bien vivre avec
d’autres personnes. La relation entre lui et ses parents, comme avec les autres
membres de sa famille, est une des relations les plus importantes, mais qui
dégénère souvent. Le comportement d’un
enfant hyperactif a une très grande influence sur ses relations avec les
membres de la famille. Ceci vaut même pour un bébé hyperactif. Il est difficile
de materner/paterner un enfant s’il ne reste jamais tranquille deux minutes
dans vos bras ou sur vos genoux. Il est donc compréhensible que parfois très
tôt quelque chose dérape dans la relation entre des parents et leur enfant. Il
faut vraiment être des « super-parents » pour tenir le coup avec
certains bébés ou enfants. A l’école aussi, les
relation avec les autres enfants et les adultes peuvent très vite dégénérer.
Dès la première année primaire, de solide exigences sont posées : se tenir
tranquille, faire attention… De plus, la première
année primaire correspond souvent avec la période où l’entourage intervient
massivement dans le problème. L’institutrice dit aux parents : « Ne
soyez pas toujours derrière lui » ; la grand-mère trouve que sa
belle-fille est beaucoup trop permissive ; le médecin de famille
dit : « Le Valium ferait peut-être de l’effet » ; et la
tante s’exclame : « Laissez-moi cet enfant quinze jours, et vous
verrez le résultat ! ». Le plus préoccupant
dans tout cela est que les parents reçoivent plus de reproches que d’aide
efficace. Il est plus difficile à
ces enfants de se faire des amis, entre autre parce que là aussi ils ont des
difficultés à distinguer l’important de l’accessoire. Ils sont souvent exclus
du sport et du jeux. Dans un groupe ils deviennent facilement le bouc émissaire
ou le souffre-douleur des autres. Ils dosent mal l’expression de leurs
sentiments. Ils sont démesurés dans le témoignage de leur amitié. Parfois, ils
ne distinguent pas les amitiés importantes de celles qui ne le sont pas. Cela ne
se produit pas seulement lorsqu’ils expriment de la colère ou de l’agressivité,
mais aussi de temps à autre dans l’expression de l’amour et de l’affection. En
d’autres mots, ils se montreront parfois aussi affectueux et intimes avec un
étranger qu’avec un membre de la famille. Ils doivent apprendre à mieux doser
l’expression de leurs sentiments. DEBUT
PRECOCE DES COMPORTEMENTS CARACTERISTIQUES Chez la plupart de ces
enfants, les symptômes apparaîtront entre l’âge de trois et cinq ans. C’est à
ce moment que les parents commencent à observer des différences de comportement
de leur enfant. Non seulement éprouve-t-il de la difficulté à participer aux
jeux avec ses amis, mais il se montre incapable d’attendre son tour pour jouer.
En plus d’être turbulent, comme tous les enfant de son âge, il semble incapable
de rester assis, même quand il s’agit de regarder la télévision. Chez les enfants en
déficit d’attention, c’est souvent à l’école lors de l’apprentissage de la
lecture que les symptômes se font ressentir. LA
CAUSE Voyons d’abord comment
fonctionne le cerveau et les cellules nerveuses. Le cerveau est composé de
millions de cellules réparties en différentes zones, chacune ayant une fonction
à remplir. Par exemple, une zone du lobe occipital assure la vision, une zone
du lobe frontal s’occupe de la motricité, etc. La partie antérieure du lobe
frontal est responsable du comportement et, en particulier, du contrôle de
certains comportements. Pour ce qui est des
cellules, notons que la transmission des informations d’une cellule nerveuse à
l’autre se fait au moyen de substances chimiques appelées
« neurotransmetteurs ». Ces substances sont sécrétées par la cellule
qui émet l’information et captées par la cellule qui reçoit l’information. Il semble que les TDAH
soient victimes d’un dysfonctionnement de ces neurotransmetteurs, plus
particulièrement de l’un d’eux, la dopamine. En effet, la sécrétion de la
dopamine serait déficiente, ce qui entraînerait un ralentissement dans la
transmission des informations d’une cellule à l’autre. Ce ralentissement
créerait une diminution de l’activité de la zone du cerveau touchée. Dans le
cas qui nous occupe, c’est surtout une zone de coordination entre le lobe
frontal et le système limbique qui serait affectée. Concrètement, ce
ralentissement cérébral est à l’origine des symptômes déjà décrits, tous reliés
au contrôle du comportement : contrôle de l’attention, contrôle de
l’impulsivité, contrôle de l’activité motrice, contrôle de l’obéissance aux
règles et contrôle du rendement au travail. Il semble aussi que
l’intoxication au plomb puisse provoquer chez les jeunes enfants les symptômes
classiques de l’hyperactivité. Cela demeure, heureusement un phénomène rare. Dans plus de 95% des
cas la transmission est héréditaire. La transmission se fait par les gênes.
Ainsi, les descendants TDHA sont plus exposée que d’autres à ce problème. Les études statistiques
ont montré que 35% des pères et 17% des mères des hyperactifs sont hyperactifs
eux aussi. En ce qui concerne la fratrie, les risques sont de 40% pour les
frères et de 10% pour les sœurs. HYPERACTIVITE
ET CAUSES PSYCHOSOCIALES Les influences
perturbantes provenant de l’environnement telles que le stress, l’angoisse, les
émotions, une éducation erronée, événements grave (décès), mauvais traitements,
etc., peuvent causés de l’hyperactivité, mais ce ne sera pas une cause
biochimique. La cause de
l’hyperactivité d’environ deux tiers des enfants hyperactifs est extérieure à
eux-mêmes Il est important de
tenir compte de la situation dans laquelle ce comportement surgit : en
famille, à l’école ou chez des amis. Nous devons toujours considérer le
comportement d’un enfant hyperactif dans son contexte. HYPERACTIVITE
– LES COLORANTS ET LES ADDITIFS En 1975, un allergiste
nommé Feingold a démontré que près de 50% des cas d’hyperactivité chez l’enfant
étaient causés par les additifs alimentaires utilisés comme colorants ou comme
agents de conservation. Il a donc mis au point une diète, « la diète de
Feingold » qui ne contenait aucun de ces additifs et qui, selon lui, avait
pour effet de diminuer considérablement, sinon de faire disparaître
l’hyperactivité chez les enfants. Malheureusement, à part l’étude originale,
aucune des recherches menées sur la diète de Feingold n’a montré de changement
dans le comportement des enfants étudiés. COMBINAISON
DE CAUSES L’hyperactivité peut
provenir d’une combinaison de causes. C’est fréquent, cela rend l’examen, le
diagnostic et le traitement souvent très difficiles. LES
CONSEQUENCES Il est évident que le
problème le plus fréquemment associé à l’hyperactivité ou le déficit
d’attention est le mauvais rendement scolaire des jeunes qui en sont affectés.
Plus de 90% d’entre eux fourniront un rendement inférieur, et souvent de
beaucoup, à leur capacité. Plus de 25% des hyperactifs éprouvent des
difficultés particulières d’apprentissage qui entraîneront des retards
importants dans l’une ou l’autre des matières scolaires : la lecture,
l’écriture, l’expression orale, le calcul, etc. Le problème qui risque
de devenir très sérieux au fur et à mesure que les années passent est la perte
d’estime de soi. Le jeune TDAH a rarement une forte estime de lui-même, et plus
il vieillit moins il en a. Les échecs répétés, les remarques désobligeantes et
fréquentes de ses professeurs, de ses parents et même de ses pairs y
contribuent. Parfois, c’est en pensant encourager qu’on lui fait le plus mal.
Par exemple, si on le félicite de bien travailler malgré des résultats
médiocres, il pourra comprendre qu’il est niais de si mal réussir en
travaillant si fort et si on lui dit qu’il est intelligent il pensera qu’on le
prend pour un paresseux. Selon des études, plus de 65% des adolescents
hyperactifs ont un problème d’estime de soi. L’avenir de ses enfants
est imprévisible. Les premières constations sont plus encourageantes pour les
déficits d’attention que pour les hyperactifs, bien que les succès scolaires ne
soient pas meilleurs. Au primaire ils
échouent autant que les hyperactifs. Par contre chez plusieurs TDAH-DA, les
symptômes s’atténuent avec l’âge, cela vient peut-être du fait qu’ils avaient
une immaturité au niveau des neurotransmetteurs et qu’avec la croissance la
maturité s’est faite. Ainsi en évitant que l’enfant accumule des lacunes et
qu’il se décourage, on diminuera les difficultés qu’il pourrait rencontrer au
secondaire. Il semble y avoir un
lien entre l’hyperactivité et la prise de drogues. Des chercheurs de
l’Université d’Harvard en 1993 ont constaté parmi les adultes ayant un
diagnostic de TDAH, un usage trois fois plus élevé d’alcool et d’autres drogues
psychoactives, ces personnes cherchant désespérément à auto-équilibrer leur
psychisme perturbé par un dysfonctionnement neurobiologique. TRAITEMENTS L’annonce et
l’explication du diagnostic constituent en soi déjà une première démarche
thérapeutique car elles permettent de déculpabiliser l’enfant et les parents. Le traitement de
l’enfant hyperactif est multidimensionnel et pluridisciplinaire. Il doit être
prolongé dans le temps et inclure les parents et l’école. L’amélioration du
comportement et des compétences scolaires seront déterminantes sur l’estime de
soi de l’enfant, et permettront aux parents et à l’école de porter un autre
regard sur l’enfant, souvent dévalorisé et rejeté. Un traitement médicamenteux
est souvent nécessaire, il n’apportera pas la « guérison » mais va
permettre de rééquilibrer la chimie des neurotransmetteurs cérébraux pour
quelques heures. L’intervention
psycho-éducative ne pourra pas non plus se prévaloir de « guérir »
mais va aider sa gestion. L’alimentation pouvant dans certain cas exacerber la
symptomatologie du TDAH, un régime alimentaire dirigé servira alors d’adjuvant
aux thérapies susmentionnées. Mais il ne faut pas
oublier que les parents sont les « thérapeutes » les plus importants
pour ces enfants. LA MEDICATION Les médicaments que
nous utilisons pour traiter les enfants TDAH sont des stimulants cérébraux qui
activent la sécrétion des neurotransmetteurs, notamment de la dopamine. La
correction n’est jamais parfaite. Il sera toujours nécessaire à l’enfant de
travailler plus fort que les autres, mais ce sera moins difficile avec l’aide
de ses médicaments. La Ritaline est le
médicament le plus utilisé pour le TDAH, il est efficace dans 79% des cas. D’autres
psychostimulants peuvent être utilisés si les enfants tolèrent mal la Ritalin,
ce qui est rare. Psychostimulants autres : o
Dexedrine aux USA (DCI = destroamphétamine, = Dexamin en Suisse) o
Stimul en Suisse et Belgique (DCI =pemolinum) appelé Cylert aux USA o
Adderal (pas encore disponible en Suisse, combinaison d’amphétamine et
de dextroamphétamine). Ces médicaments
appartiennent principalement à la famille des amphétamines. Ce médicament a été
très controversé et nous avons entendu beaucoup de choses sur ce dernier. UN PEU D’HISTOIRE C’est en 1937, qu’un
pédiatre américain, Charles Bradley, découvre par hasard l’utilité du
benzédirne (semblable à nos psychostimulants actuels) pour diminuer l’agitation
d’enfant turbulents ayant souffert de méningite. Depuis cette étude, les psychostimulants
ont aussi montré l’intérêt d’un meilleur éveil chez les enfants TDAH. On sait maintenant
aussi que paradoxalement les sédatifs (barbituriques, benzodiazépines,
antihistaminique, clonazépam…) amplifient ou créent des états d’hyperactivité
(effet paradoxal) ! Le plus utilisé
actuellement est donc la Ritalin de Novartis. Le principe actif de ce
médicament a été synthétisée en 1944 à Bâle par le Dr Panizzon dans les
laboratoires de recherche de Ciba. C’est un stimulant central mais sans être
une amphétamine (dérivé), plus exactement c’est un analogue de la pipéridine.
Il a été mis sur le marché en 1954 en Suisse et en Allemagne, il est utilisé
aux USA depuis 1956 et au Danemark depuis 1958, puis progressivement dans les
autres pays (en France que depuis 1996 !). A Genève certain praticiens ont
une expérience de plus de 20 ans. Durant les 10 dernières années on dénombre
dans le monde, des centaines d’études scientifiques concernant les
psychostimulants (plus de 10 articles dans le Medline). Cette expérience
clinique (50 ans) est suffisant pour affirmer l’absence d’effets secondaires
tels qu’accoutumance ou dépendance. Le médicament paraît
améliorer, avant tout, le temps de réflexion qui manque autant dans le déficit
de l’attention, l’hyperactivité que dans le trouble d’opposition ou de
conduite, et aide l’enfant à passer de la pensée prélogique à la pensée plus
logique et réaliste. Voici huit effets qui ont été constaté avec la
prise de médicaments : o
accroissement de la capacité d’attention et de concentration o
diminution de l’impulsivité o
diminution du niveau d’activité sans rapport avec les tâches o
diminution de l’agressivité o
accroissement de la conformité aux usages établis o
amélioration de l’écriture o
amélioration des rapports interpersonnels o
amélioration de la performance dans les sports Les médicaments
n’auront un effet positif sur ses performances que si l’enfant le veut bien, il
serait inutile de le prescrire à un individu « normal » pour
améliorer sa performance sportive. Le médicament agit rapidement
soit un quart d’heure ou une demi-heure après la prise et dure environ de trois
à cinq heures. Les enfants sous
médicament se comportent socialement et intellectuellement mieux qu’auparavant.
Dès le moment où l’action du médicament est épuisée, ils retombent dans leur
comportement troublé. Le médicament est surtout important parce qu’il permet
aux enfants normalement doués de suivre l’enseignement normal, de mener une vie
normale. On épargne ainsi à ces enfants et à leurs parents énormément de souffrance
et de problème. Si à la puberté les possibilités d’attention et de
concentration s’améliorent d’elles-mêmes, nous aurons gagné énormément de temps
et évité beaucoup de souffrances. Il faut noter que le
médicament permet uniquement d’utiliser le talent de l’enfant et rien de plus,
les résultats scolaires d’un enfant sous médication ne sont attribuable qu’à
ses efforts. Nous pouvons comparer
le médicament à des lunettes pour une personne qui souffre de presbytie ou de
myopie. La volonté de voir ne pourra pas lui permettre de bien voir si elle ne
porte pas ses lunettes. LES
EFFETS SECONDAIRES Les principaux effets
secondaires sont : o
une diminution de l’appétit o
des insomnies o
des lourdeurs d’estomac o
de la pâleur o
une hypersensibilité La baisse d’appétit
constitue l’effet secondaire le plus fréquemment rapporté ; elle affecte
plus de 60% des enfants, surtout au repas du midi. Cette baisse d’appétit est
probablement l’effet secondaire qui inquiète le plus les parent, car elle est
souvent spectaculaire. L’enfant se rattrape souvent au repas du soir ou à
d’autre moment de la journée. Ces médicaments
présentent l’inconvénient d’avoir un temps d’action de courte durée. La durée
de leur efficacité varie d’un enfant à l’autre. Il faudra donc le donner deux
ou trois fois par jour. Bien que l’on ait
recours à la même médication pour les hyperactifs que pour les déficit
d’attention, on l’utilise différemment, notamment en ce qui concerne le dosage.
Des doses assez faibles pour les déficit d’attention (5 à 10 mg, le matin et le
midi) sont généralement suffisante, et le médicament peut être arrêté pendant
les vacances et les jours de congés. Mais certains enfants le réclame, avec
l’âge c’est l’enfant qui va gérer son besoin. Les doses sont souvent plus
élevées pour les hyperactifs tout dépend aussi du degré d’hyperactivité, le
dosage se fait toujours en accord avec le médecin traitant. Les psychostimulants
peuvent exacerber ou révéler un syndrome de Gilles de la Tourette préexistant
(tics, trouble obsessif-compulsif, déficit d’attention avec hyperactivité). Pour des raisons
inconnues, les médicaments n’ont aucun effet sur certains enfants ou encore ils
entraînent trop d’effets secondaires. De plus certains
parents s’opposent à l’usage de médicaments, tout comme plusieurs enfants. Les
médicaments ne sont d’ailleurs pas parfaitement efficaces et ne peuvent être
pris 24h sur 24. L’ALIMENTATION Selon des recherches
l’alimentation pourrait avoir un lien avec l’hyperactivité notamment
l’influence toxique de l’alimentation industrielle déséquilibrée par une
surcharge d’additifs : les phosphates. Il faut savoir que les phosphates
ont augmenté de 300% depuis les années 60. La diète vise à réduire
l’apport en phosphate, et de ramener la consommation de sucre rapide à un niveau
plus raisonnable que les 45kg/pers./année actuelle. Certains enfants y sont
très sensible. Une diète pauvre en
phosphates (HAFER),en caséine, en gluten, en additifs et autres conservateurs,
ainsi qu'un supplément de calcium sous forme de dolomite (= sels naturels de
calcium et magnésium) ainsi que d'acide gras gamma-linoléniques (=oméga-3,
présent par exemple dans la spiruline et l'huile d'onagre) ou encore mieux, de
DHA(acide docosahexaenoic), présent dans les poissons de mers froides ou sous
forme de compléments alimentaires. Ces mesures diététiques peuvent apporter une
réelle amélioration chez certains enfants et serviront d'adjuvant à un
traitement médicamenteux (diminution du dosage). Le rôle de l'alimentation sur la synthèse et la libération des neurotransmetteurs a été étudié par Fernstrom (Life sci. en 1973) puis développé par Ashley and col. ("Nutritional control of brain neurotransmitter synthesis" ,bibl. Nutr. Dieta 1986), la consommation d'hydrates de carbones a un effet positif sur le passage intracérébral du tryptophane plasmatique (précurseur) et favorise donc la synthèse de la sérotonine. On peut aussi essayer d'augmenter la concentration intracérébrale de sérotonine en supplémentant son précurseur qui est l'acide aminé "tryptophane" (en Suisse, Tript-OH® par ex.). Cette diète est
particulièrement intéressante pour les enfants en bas âge, ces derniers ne
pouvant prendre de la Ritaline. LES THERAPIES Deux types
d’interventions psychologiques sont utilisées dans le but d’aider l’enfant atteint
du TDAH à gérer son trouble : - la thérapie comportementale, elle va l’aider à modifier son comportement, à verbaliser, et à assurer une constance. - la thérapie cognitive, va l’aider à prendre conscience de ses comportements problématiques, à réfléchir aux solutions possibles, à décider quelle est la meilleure solution, à appliquer la solution et à évaluer l’efficacité de la solution choisie.
Dans les cas de TDAH moyenne à sévère, la seule intervention psychologique est inefficace pratiquée sans la médication, étant donné que l’enfant est incapable de fixer son attention et d’écouter. La difficulté est d’expliquer à l’enfant qu’il n’est pas responsable de sa maladie ni du fait qu’il agit sans le décider vraiment. Par contre, il doit prendre conscience que, par exemple, si il brise quelque chose, c’est lui et personne d’autre qui a agi ainsi. TDAH ET ECOLE L’école est pour
l’enfant TDAH l’épreuve la plus difficile de sa vie. Il y a une structure, des règles, une routine, une nécessité de soutenir l’attention sur des tâches qui lui sont souvent peu intéressantes et en plus le problème des devoirs scolaires à faire à la maison. Un enfant hyperactif non diagnostiqué vit et fait vivre un véritable cauchemar. Le meilleur enseignant craquera car un seul hyperactif (non suivi) arrive à perturber toute sa classe. Il sera rejeté par ses camarades, mal aimé et souvent considéré comme méchant. Et pourtant l’enseignant ne remettra pas en cause son intelligence. L’enfant en déficit d’attention sera souvent traiter de paresseux, on lui dira qu’il pourrait faire mieux si il faisait un effort. Ce sont des enfants qui se font moins remarquer, ils sont silencieux et on les trouve au fond de la classe. L’échec scolaire de ses enfants est programmé à l’avance, ces enfants ont trois fois plus de risques d’être confrontés à l’échec scolaire que les enfant « normal ». La coopération devrait être totale entre enseignants, parents, ainsi que les autres professionnels tels que pédiatres, neuro-pédiatres, pédopsychiatres… Or, à Genève, ces enfants sont souvent dirigés vers le Service médico-pédagogique (SMP) ou la Guidance Infantile, et il est regrettable que ces derniers n’appliquent pas cette coopération pourtant préconisée par tous les spécialistes mondiaux en la matière. Ces services n’ont qu’une approche psychiatrique de ce syndrome, il n’y aurait ainsi, chez les jeunes enfants que des troubles de la relations, ils occultent la présence d’un substrat biologique. Il faudrait que les enseignants connaissent le problème dans son ensemble, et travaillent avec les parents pour pouvoir aider l’enfant à avancer, il suffirait parfois de peu de chose pour que l’enfant puisse rester dans le cursus scolaire. Pour les enfants hyperactifs, il faudrait leur donner un travail varié. L’idéal serait par exemple l’aide d’un ordinateur (ces enfants jouent très bien aux jeux interactifs), de leur donner une certaine liberté à l’intérieur de la classe pour que l’enfant puisse bouger. Les choses seraient facilitées si par exemple l’enseignant
affichait les règles de conduite sur des pancartes très visibles. De même, en
ce qui concerne l’enfant déficit d’attention, il lui faudrait parfois un peu
plus de temps pour finir sa tâche et stimuler sa concentration en favorisant le
plus possible les activités de manipulation et de verbalisation de ses
connaissances. Il est vrai que ses enfants sont dotés d’une intelligence normale voir même supérieur, mais que les symptômes de leur maladie les empêchent souvent de suivre le cursus scolaire normal. Certains enfants y arriveront en redoublant plusieurs fois et en travaillant deux fois plus que les autres. Ils en souffriront énormément et leur estime d’eux-mêmes en sera affectée. QUELQUES MOTS SUR LES ADOS TDAH Chez
certains enfants TDAH, les problèmes – ou une partie des problèmes – diminuent
ou disparaissent progressivement vers la puberté. Cela signifie que le mauvais
fonctionnement d’une petite partie du cerveau n’était pas causé par une lésion
ou un équipement déficitaire. On peut alors parler de retard de
maturation : quelque chose dans le cerveau ne s’était pas développé assez
rapidement. Le retard se rattrape à la puberté. Malheureusement il n’existe pas
de méthode pour déterminer à l’avance si les problèmes s’amélioreront ou non à
la puberté. -
20 à 50%
des enfants TDAH n’ont plus de problèmes anormaux à l’adolescence -
70 à 80 %
des enfants TDAH restent en proie à l’agitation -
12%
continuent à poser des problèmes à cause de leur hyperactivité et de leur
manque d’attention et de concentration -
30% restent
en traitement ou reçoivent une forme ‘enseignement spécial. EN CONCLUSION
Pour les parents, il s’agit parfois du parcours du combattant, mais heureusement les choses bougent et ce syndrome et maintenant de plus en plus reconnu. Il est vrai que lorsque les parents apprennent la nouvelle, il sont jusqu’à un certain point soulagés d’apprendre la vérité, de mettre un nom sur quelque chose qui n’allait pas, tout en admettant difficilement que leur enfant à un problème, un handicape. En général, c’est un vrai travail de deuil qui va se faire, en passant par toute les étapes, de la culpabilité à la tristesse en passant par la colère pour arriver enfin à accepter son enfant dans sa différence et l’aider à avancer, à grandir et à s’accepter avec la répercussion que les symptômes auront dans sa vie. Avec l’amour de leurs parents et des différents traitements disponibles, l’enfant pourra grandir sans être en marge de notre société, il pourra alors s’épanouir et trouver sa voix avec autant de possibilité qu’un autre enfant. Il vaut vraiment la peine d’essayer de comprendre ces enfants et de les accompagner dans leurs souffrances, ceci est parfois douloureux pour les parents, ils se sentent souvent démunis. Pour d’autres parents, découvrir ce syndrome est aussi trouver une réponse pour eux-mêmes étant donné que ce syndrome est héréditaire. Le travail avec les écoles et les services y relatifs sont encore à faire mais nous avons déjà vu beaucoup de progrès en ce sens, nous pouvons d’ailleurs remercier et féliciter les associations qui luttent pour que ce syndrome soit reconnu dans ces milieux. REVUE DE PRESSE
LE COURRIER, 19
JANVIER 1999, MARCO GREGORI Un groupe de travail devra trouver un consensus. Entre l'association Hypsos et le Département de l'instruction publique, I'heure semble être au dialogue. "Nous resterons vigilants et critiques, s'il le faut." Au bout du fil, André Carlsson n'a pas l'air totalement convaincu. Pourtant, le président d'Hypsos, cette association qui vient en aide aux parents dont les enfants sont définis comme hyperactifs, a enfin pu rencontrer - lui et d'autres membres d'Hypsos - Martine Brunschwig Graf, la cheffe du Département de l'instruction publique (DIP), Constance de Lavallaz, directrice générale de l'Office de la jeunesse, et Juan Manzano, directeur du Service médico-pédagogique (SMP). Au menu du jour: voir s'il y a un moyen de dénicher des pistes satisfaisant tout le monde pour la prise en charge des enfants hyperactifs. On se souvient des remous de l'automne passé, lorsque, critiquant une prise en charge purement psychanalytique des enfants hyperactifs par le SMP, quand bien même un traitement médicamenteux efficace existerait, Hypsos avait décidé de dénoncer publiquement cette situation. Aujourd'hui, il semblerait que l'heure soit au dialogue. Reste qu'après cette première rencontre, impossible de tirer des conclusions dans un sens ou dans l'autre. Saluant néanmoins "la volonté commune d'aboutir à un consensus" M. Carlsson signale qu'un groupe de travail, auquel Hypsos sera associé verra bientôt le jour. "Nous devrons être très attentifs, car les conclusions de ce groupe de travail feront foi et, ensuite, le dossier sera enterré", ajoute M. Carlsson. A l'Office de la jeunesse, Constance de Lavallaz ajoute qu'un second groupe de travail, interne au DIP et à ses partenaires directs, devra réfléchir aux procédures d'accueil des enfants. "L'objectif est d'arriver à un maximum de transparence et d'explications, de donner aux parents le sentiment qu'ils sont entendus. C'est d'autant plus important que les théories entre le SMP et l'association Hypsos ne sont pas forcément en contradiction, vu que le SMP prescrit parfois de la Ritaline (le médicament qui soignerait l'hyperactivité)", remarque Mme de Lavallaz. "
DES CENTAINES D’ENFANTS MASSACRES " NOUVELLISTE,
6 MARS 1999 ARIANE MANFRINO Après Genève, l’hyperactivité préoccupe le Valais. Une association propose de l’aide. Après le
Canada c'est au tour de Genève d'entrer dans la polémique au sujet des enfants
hyperactifs ou atteints de troubles de déficit de l'attention. Si, aujourd'hui,
un groupe de travail chargé de trouver un consensus est à pied d'œuvre, il aura
tout de même fallu que naisse une association Hyperactivité S.O.S. (hypsos) et
que son fondateur pousse un cri de colère retentissant pour faire entendre la
voie de la raison. `"des centaines
d'enfants genevois ont été massacrés! C'est le scandale médical de cette fin de
siècle", s'est exclamé voici un an, André Carlsson. Dans sa ligne de
mire, ce bouillant personnage visait directement le Service médico-pédagogique
de l'Etat accusé d'être incompétent dans
la prise en charge des enfants hyperactifs", "d'imposer des
traitements psychothérapeutiques pour un mal d'origine somatique", de
"privilégier l'approche freudienne au détriment des aspects
biologiques". Ces faits posés, il convient encore de pointer le doigt sur la cause principale de toute cette agitation, à savoir la Ritaline (un médicament psychostimulant). Dans une moindre mesure, on peut aussi parler des régimes sans phosphates, proposés par certains médecins comme l'un des moyens thérapeutiques susceptibles d'améliorer l'état de ces enfants. Une concertation Toute cette
agitation ne pouvait laisser notre canton indifférent, d'autant plus que des
parents rencontraient pareils problèmes. "J'ai
deux enfants hyperactifs, nous explique Elisabeth Pfenninger. Pendant des années, nous avons passé, avec
mon mari tout le circuit de la culpabilité et de l'incompréhension face à notre
problème." Finalement, il aura fallu une conférence de M. Tom Bloomer,
président de l'Association suisse romande de parents d'enfants avec déficit
d'attention et/ ou hyperactif (ASPEDAH), dans le canton de Vaud pour que Mme
Pfenninger relève la tête et
comprenne. Cette dernière fonde alors la section valaisanne et décide, avec un
groupe de parents, de se mettre à la tâche. "Ce
n'est pas facile de se retrouver dans cette situation. On nous fait souvent
passer pour des parents indignes, déséquilibrés." Il est vrai que bon nombre de médecins et de psys campent sur des positions radicales. Pour certains, ce syndrome ne saurait être soigné qu'avec un apport médicamenteux. Pour d'autres, seule la psychothérapie peut venir en aide à ces gosses. Or, il semble évident que personne ne détient la vérité et que seule une concertation peut aider enfants et parents à surmonter ce mal. Une approche multidisciplinaire Interrogé, le Dr René Tabin à Sierre dédramatise le débat. "Tout d'abord, il importe de poser un diagnostic, tant médical que psychologique. Tout n'est pas à classer dans l'hyperactivité. Cependant, lorsque l'on se trouve en présence d'un diagnostic confirmé, il ne faut pas redouter le traitement à la Ritaline. Nous utilisons ce dernier depuis 1950, avec un taux de réussite de 80%." Pour le pédiatre, il est évident que la seule Ritaline ne saurait suffire à soigner. ``Je suis pour une approche multidisciplinaire. Il faut donner à ces enfants des outils pour améliorer leurs comportements." En disant cela, M. Tabin passe le témoin au psychologue scolaire, Marc Sieber, l'un des intervenants avec lui de la conférence de samedi (voir encadré). C'est vrai que nous devons travailler en étroite collaboration, les uns arec les autres." Pour M. Sieber, le diagnostic relève autant du médecin que du psychologue. ``Nous abordons ce syndrome par le biais de tests, mais aussi par l'observation en milieu scolaire." Les enseignants, et bien sûr les parents, sont également parties prenantes de cette histoire où l'enfant se doit de demeurer au centre, bien sûr. D'autres problèmes Il est évident, et le pédiatre et le psychologue sont en commun accord sur ce plan, que la mise sous traitement de psychostimulants ne suffit pas. A côté du THADA (troubles avec déficit d'attention) et de l'hyperactivité, il existe d'autres problèmes relationnels. "Ces gosses subissent souvent un rejet de la part de leur camarade. Il est donc primordial, lorsque le traitement commence, de mettre en place une prise en charge psychopédagogique pour les aider à réinvestir l'apprentissage." Dans le cadre scolaire, le psychologue trouve sa place, notamment pour seconder l'enseignant et le groupe classe. De plus, poursuit M. Sieber, il est impératif de déculpabiliser les familles. "Gérer un enfant hyperactif n'est pas chose aisée. Nous devons soutenir ces dernières afin que les relations se modifient." LES ENFANTS TERRIBLES SYLVIANNE PITTET - FEMINA, 25 AVRIL 1999 Ils débordent de peps, mais n'arrivent pas à se concentrer. Casse-cou, chahuteurs, insolents, ils ne tiennent pas en place et rendent la vie impossible à leurs parents. La cause: trouble d'hyperactivité avec déficit d'attention. Témoignages. Couché tard, levé à l'aube, Marc, 6 ans, n'a jamais connu le coup de pompe. A deux ans, il connaissait les chiffres. Un an plus tard, il jonglait avec les lettres. Merveilleux petit prodige, fierté de ses parents? Cela pourrait être vrai. Sauf que le blondinet, surdoué, souffre du THADA, ou Trouble d'hyperactivité avec déficit d'attention. "Le premier jour au jardin d'enfants? Un désastre, raconte sa mère. Il n'a même pas voulu s'asseoir à côté des autres ou jouer avec eux." C'est que Marc vit dans son monde. Un univers où ses impulsions et son imagination décident tout. Inutile de lui expliquer les choses ou les conduites à adopter, les mots glissent sur lui. Dans l'absolu, rien ne marche. Ni la punition, ni les encouragements. Acheter des chaussures ou aller chez le coiffeur? Cauchemardesque. "Le plus étrange, c'est qu'il semble franchement se demander pourquoi on le blâme... " soupirent les parents. Marc ne comprend pas plus la réaction de ses petits camarades qui l'excluent volontiers de leur groupe tant il est désagréable, pour ne pas dire asocial. Diagnostic des psychiatres: dysharmonie grave. "Ils nous ont conseillé de le placer en institution pour enfants mentalement retardés. Ce que nous avons refusé." Encore fallait-il savoir que faire. D'entente avec leur médecin de famille, les parents de Marc optent finalement pour la Ritaline. Ce médicament, dérivé des amphétamines, stimule le système nerveux et, paradoxalement, calme les hyperactifs. Marc a pris sa première dose le jour de ses cinq ans. Une heure après, "c'était un autre enfant, dit sa mère. Son visage s'est détendu et pour la première fois, il nous a regardé dans les yeux." Aujourd'hui, Marc suit l'école presque comme n'importe quel gosse. L'histoire de Marc n'est pas un cas à part. L'hyperactivité toucherait entre 3 et 5% des enfants, huit fois plus souvent les garçons que les filles. Bien connu depuis une quarantaine d'années, le THADA revient sur le devant de la scène, en particulier depuis que l'émission de la TSR Check Up, il y a un plus d'un an, a remis en question le traitement de ce trouble, notamment par l'utilisation de la Ritaline. Mon enfant est-il hyperactif ou juste très éveillé? Est-ce moral de doper un môme de cinq ans? N'y a-t-il pas d'autres solutions? Ces questions, l'ASPEDAH (Association suisse romande de parents d'enfants avec déficit d'attention et/ou hyperactivité) y répond depuis le jour de sa création, fin 1997. Son but? Offrir soutien et information aux parents concernés. "Face à ce syndrome, nombre d'entre eux sombrent dans un désarroi total, note Corinne Carlsson, membre de l'association Hypsos, antenne genevoise de l'ASPEDAH. Certains parents culpabilisent, ils se reprochent de manquer de patience." "Qu'est-ce qu'on fait faux?", Cette question, les parents de Lionel se la posent depuis sa naissance ou presque. Lionel a 14 mois lorsque sa petite sœur pointe le bout de son nez. C'est la crise: d'un jour à l'autre, le bété refuse de s'alimenter. Premières visites chez le psychologue, Lionel ne paraît souffrir d'aucune anormalité. Il est tout simplement impossible à vivre. Les années passent, cahin-caha. A 4 ans, le garçon n'a pas changé. Il tape, mord, embête, casse et bouscule. Un comportement qui met sérieusement en question son entrée à l'école enfantine. Sur le conseil du psychologue et de sa future maîtresse, les parents de Lionel décident de le placer en hôpital de jour. "Nous étions à la fois désemparés et soulagés, relate sa mère. Il nous restait l'espoir que ce séjour l'aiderait à canaliser son énergie." Raté. Un an plus tard, le gosse reprend le chemin de la maison, avec l'étiquette "incapable d'apprendre". Un constat que ses parents rejettent. Ils mettent leur fils en primaire sous certaines conditions: pas de récrés ni de parties de balle, Lionel rentre sagement à la maison matin et après-midi, histoire d'éviter les bagarres. Le problème, ce n'est pas qu'il ne travaille pas, Lionel est en tête du peloton, mais plutôt qu'il est incapable de gérer son temps et ses envies. Dès qu'il a achevé une tâche, il sème la pagaille. En quatrième année, son enseignante perd patience. Exit toutes les disciplines où les élèves sont laissés plus libres (dessin, chant, religion), Lionel ne se rend en classe que le matin pour suivre les branches principales. Le miracle, comme le qualifient ses parents, a eu lieu il y a un peu plus d'un an. Le jour où l'adolescence, 12 ans aujourd'hui, a accepté de prendre la Ritaline. Si l'impulsivité et les colères noires de Lionel se sont envolées, I'étiquette de "sale gosse" lui collera encore longtemps à la peau. "C'est ainsi que tout le monde le connaît, avoue sa mère. De plus, la Ritaline ne faisant effet que quelques heures, il est arrivé une fois qu'il renouvelle ses frasques lorsque le médicament n'opérait plus. " "Antoine était un bébé ouragan, s'exclame sa mère, psychologue à Genève. Il fallait l'attacher partout (dans son lit, à sa chaise, à sa poussette). " Petit dernier, le garçon arrive après deux filles "qui s'élèvent toutes seules". Désarroi, interrogations, remises en question. Suivront quinze ans de galère pendant lesquelles Antoine, tantôt sous calmants, tantôt sous antidépresseurs mais souvent premier de classe, va passer par dix-sept écoles différentes. « Sa deuxième vie »,c'est lui qui le dit, débute voilà un an. Quand il décide, d'accord avec ses parents et son médecin de famille, d'opter pour la Ritaline. "C'est comme si des années de problèmes se voyaient réglées comme ça, en une heure! lance sa mère. Si quelqu'un m'avait raconté une histoire pareille à mon cabinet, j'aurais été sceptique. Mais là, le changement était flagrant." Inutile de décrire le soulagement dans la vie familiale. Trouver la posologie idéale ne s'est pourtant pas fait en un jour. Il a fallu jongler entre les moments de stress et de pression en augmentant la dose. Diminuer, voire cesser la prise durant les week-ends. "Antoine parvient de mieux en mieux à gérer son hyperactivité, remarque sa mère. Le pas suivant? Une thérapie. Lorsqu'un enfant a souffert d'être écarté à cause de son comportement, il faut qu'il puisse mettre des mots sur ces années de rejet. Antoine, qui s'est lancé dans la préparation du bac l'an dernier, commence juste à vouloir entendre parler de thérapie." "Nombre d'enfants et d'ados réagissent de cette façon, remarque Christiane Spring, vice présidente de l'ASPEDAH. Lassés des psychothérapies, ils font bloc et refusent d'entrer en matière. Cependant, même sous Ritaline, leur comportement ne change pas. Une thérapie cognitive peut les aider à retrouver une attitude sociale acceptable." Neuropédiatre au CHUV, à Lausanne, Eliane Roulet côtoie enfants hyperactifs et parents débordés depuis quelques années. Exclu pour elle de définir un seul type de trouble et une solution miracle. "La Ritaline apporte une aide, dit-elle, pas la guérison. Il s'agit ensuite d'adapter le traitement aux besoins de l'enfant. S'il est extrêmement inattentif mais ne souffre pas de problèmes de comportement, mais d'apprentissage, un milieu scolaire adapté en effectif réduit ou la logopédie, par exemple, seront un complément efficace au traitement médicamenteux. Si l'enfant montre, au contraire, des troubles affectifs évidents et des sautes d'humeur, la thérapie débute par un bilan psychiatrique." Dans tous les cas, le concours du médecin de famille reste indispensable. "Et traiter le THADA en opposant le côté neurologique au côté psychiatrique ne mène nulle part, remarque la doctoresse. Si l'hyperactivité est pathologique, on lui reconnaître un facteur génétique, il faut savoir qu'elle engendre souvent des problèmes psychiatriques." Pourtant, à ses yeux, le trouble pourrait cacher la pointe d'un iceberg. "C'est un problème de société, fait-elle. Qu'est-ce que la normalité? Pourquoi doit-on faire prendre des médicaments à un enfant pour qu'il adhère au système scolaire? Est-ce juste de vouloir la rentabilité à tout prix?" Des questions qui relèvent du cas de conscience. Reste que les groupes de soutien que compte l'ASPEDAH dans tous les cantons romands poursuivent le même objectif, que les parents aient choisi ou non la médication. Lever le voile sur un trouble mal connu. Conseiller consultations et thérapies auprès de spécialistes. Parler de l'efficacité de certains régimes alimentaires, sans phosphates, colorants ou additifs. Un besoin, à en croire les chiffres: après un an et demi d'existence, I'Association compte déjà plus de deux cents membres. LE COURRIER, 20
NOVEMBRE 1999 MARCO GREGORI - L'HYPERACTIVITE DES ENFANTS SUSCITE
TOUJOURS DE VIFS DEBATS Comment obtenir salle comble? Organiser un débat sur I’hyperactivité. La fondation Louis-Jeantet de médecine peut en témoigner, elle qui avait intitulé son forum de jeudi soir «Mon enfant est hyperactif. Est-ce une maladie? » Quelque 300 personnes ont répondu à l’appel et se sont entassées dans l’auditoire ainsi que dans les deux salles annexes où les débats étaient retransmis sur grand écran. C’est dire si l’hyperactivité interpelle et suscite les passions. On sait que ce syndrome touche beaucoup d’enfants, essentiellement des garçons. La fourchette la plus communément admise est de 5% de la population infantile. On sait également qu’il a pour effet de transformer ceux qui en sont atteints en véritables piles électriques. Sans cesse en mouvement, n’ayant pas vraiment conscience du danger, mal dans sa peau, connaissant de graves difficultés de concentration, l’enfant hyperactif est, disons-le sobrement, difficile à vivre. Corollaire, les parents en particulier et l’entourage en général se retrouvent démunis, pour ne pas dire à bout de nerfs. «ESSAYONS !» Pour affronter le problème, deux approches médicales s’affrontent. La psychothérapie et la médication. Cette dernière est passablement controversée, car elle consiste à prescrire de la Ritaline, un dérivé des amphétamines, qui agit au niveau des neurotransmetteurs. Du coup, les tenants des thérapies non médicamenteuses fustigent ceux qui, selon eux, prescriraient de la Ritaline par facilité. Les seconds reprochant alors aux premiers leur esprit borné. Mais jeudi soir, les trois intervenants ne sont pas tombés dans cette polémique. Tant le pédopsychiatre Claude Aubert que le neurologue Jean-Paul Rathgeb neuropédiatre et le psychologue-logopédiste Léo Barblan semblaient, à quelques nuances près, sur la même longueur d’onde. Pour résumer, on pourrait reprendre l’expression de Claude Aubert: «Essayons !» Constatant que la Ritaline s’avère particulièrement efficace dans un certain nombre de cas et ce relativement rapidement, il suffirait de la prescrire à titre d’essai lorsque le praticien a manifestement de bonnes raisons de croire qu’elle produira l’effet escompté. Pour autant que ce traitement ne constitue pas un oreiller de paresse pour la famille ou pour le médecin. INTÉGRATION DÉCOURAGÉE
En dépit des interventions passionnelles des personnes venues assister aux débats, chacun voulant parler de son cas, apporter un témoignage, raconter son expérience, cette vision des choses a reçu l’aval de la majorité de la salle. Alors, problème réglé ? Pas vraiment. Faut-il rappeler que l’association genevoise de défense des parents d’enfants hyperactifs, Hypsos, est en conflit avec le Service médico-pédagogique (SMP), structure dépendant du Département de l’instruction publique. L’association reproche aux praticiens du SMP une vision purement psychiatrique de l’hyperactivité. Pourtant, un groupe de travail, auquel Hypsos a été associé, tente, depuis une année, d’aplanir les différends. Mais apparemment, les résultats espérés se font attendre. C’est du moins l’avis d’Hypsos qui vient de lancer une pétition qui sera adressée au Grand Conseil à la fin de l’année. Objectif principal ? "Soumettre au SMP la constitution d’une plate-forme de consultation pluridisciplinaire (pédiatre de famille, neuropédiatre et psychologue) pour l’évaluation de chaque enfant ayant des troubles de comportement à l’école". Détail piquant, Hypsos n’est pas la seule association à avoir le SMP dans le collimateur. L’Association genevoise des malentendants et l’Association genevoise de parents d’enfants déficients auditifs ont également choisi la démarche de la pétition. Ils dénoncent le fait que «les projets d’intégration (d’enfants malentendants en milieu scolaire ordinaire) soutenus par des professionnels reconnus sont découragés ou refusés par le Service médico-pédagogique». Les deux associations demandent donc «l’ouverture des prestations du Département de l’instruction publique aux autres formes reconnues de prise en charge de l’enfant à déficience auditive. » NB :le Dr. Claude AUBERT est pédopsychiatre et Président de l'association des médecins genevois POUR EN SAVOIR
PLUS Association ASPEDAH (Association suisse romande de parents d'enfants avec déficit d'attention et/ou hyperactivité); secrétariat: Mme G. Demont, Cité-Ouest 32, 1196 Gland, tél. 022/364 27 81, du lundi au vendredi, de 9 à 11 heures. Association Hypsos, case postale 103, 1242 Satigny, tél. 022/753 39 12, le lundi de 9 à 11 heures et tél. 022/779 09 12, le jeudi de 14 à 16 heures. Site internet: www.hypsos.ch BIBLIOGRAPHIE
QUAND LA REALITE RESISTE A LA LUTTE CONTRE L’ECHEC SCOLAIRE Analyse du redoublement dans l’enseignement primaire genevois, Walo Htmacher, service de la recherche sociologique – Genève, cahier No 36 - 1993 DU CALME ! Manuel pour l’éducation des enfants
hyperactifs Théo Compernolle, ed. De Boeck & Belin LES ENFANTS HYPERACTIFS ET LUNATIQUE Dr Guy Falardeau, éd. Le jour éditeur Sites
Internet : http://www.geocities.com/HotSprings/4512/fthada.html http://planete.qc.ca/sante/elaine/ http://jafar.uqar.uquebec.ca/technoeduc/aut97/engaun01/ http://www.fortinmd.qc.ca/ritalin.htm http://www.troyes.org/hyperactif/ http://www.artware.qc.ca/elaine/forum/ http://www.tdah.be/bonjour.html |
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Informations détaillées |
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| Auteur: | Sandra Garcia | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Editeur: | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Langue: | français | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Année: | 2001 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Ajouté le: | 18-02-2004 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||